ALERTE : quatre familles Roms de Hongrie dont 8 enfants mineurs ont été arrêtées hier matin à 6 heures et sont en voie d'être reconduits dans leur pays d'origine avant même que la Cour Nationale du Droit d'Asile n'ait pu statuer sur leurs demandes d'asile.
Personne ne veut des Roms... mais il y a des endroits pire que d'autres, et pas très loin de chez nous !
La Hongrie ne protège pas ses ressortissants d'origine Roms. Le rapport de l'ECRI (Commission Européenne) du 24/02/2009 évoque « des actes isolés particulièrement graves relatés par les médias et d'autres par des acteurs de la société civile ; cela inclut des actes de brutalité policière à l'encontre des Roms. » Le Forum des Roms et des Gens du voyages du Conseil de l'Europe, alerte également régulièrement sur la situation préoccupante en Hongrie pour les Roms. Monsieur Thomas Hammarberg, Commissaire des Droits de l'Homme au Conseil de l'Europe se prononce avec force contre la stigmatisation des Roms en Europe et le fait qu'on puisse reconduire des demandeurs d'asile avant la fin de leur procédure.
Le 27 mars 2009, 8 familles arrivent à Strasbourg fuyant la même ville de Hongrie et elles veulent saisir les instances de protection de la France pour être protégées des exactions graves commises à leur encontre : harcèlement, menaces de mort, agressions de la part des nationalistes soutenus par les autorités de leur ville.
Nous nous sommes félicités de la possibilité pour ces familles de déposer une demande d'asile, en application du protocole Aznar.
Quatre familles ont immédiatement été rejetées par l'OFPRA, sans bénéficier d'entretien permettant d'examiner leurs craintes personnelles, au motif qu'ils proviennent d'un pays de l'Union Européenne. Elles ont introduit un recours devant la Cour Nationale du Droit d'Asile et sont en attente de leur jugement sans cependant être protégées d'une reconduite dans leur pays d'origine.
Quatre autres familles ont été convoquées par l'OFPRA qui n'a toujours pas pris de décision plus de six mois après leur entretien. Nous soulignons que ce changement d'attitude de la part de l'OFPRA semble procéder d'une décision politique et non pas d'un examen personnalisé puisque les craintes exprimées par l'ensemble des familles sont identiques.
Dans l'attente de leur convocation à la Cour Nationale du Droit d'Asile, ces quatre familles rejetées par l'OFPRA vivaient dans des conditions de vie absolument déplorables. Médecins du Monde Alsace a alerté à plusieurs reprises les services sociaux au sujet de problèmes d'insalubrité (rats), d'absence d'eau courante, sur le campement de fortune coincé sur un bout de terrain entre l'autoroute et le canal qui se trouvait les derniers jours sous le froid glacial de l'hiver.
Malgré cela, les enfants étaient tous scolarisés à Strasbourg et leurs parents ont entrepris des démarches pour apprendre le français et trouver un travail.
La police est venue les chercher hier matin, à l'aube, au campement de l'Unterelsau et elles se trouvent en route vers différents Centres de Rétention de France dans l'attente de leur reconduction en Hongrie.
Nous dénonçons l'éloignement de ces familles en cours de demande d'asile et qui font état de sérieuses craintes de persécutions en cas de retour forcé dans leur pays. Non seulement nous ne devons pas les renvoyer, mais nous devons leur permettre de vivre dignement. Et si, pour une fois, la France choisissait de protéger les Roms ?
Dernières nouvelles : les départs prévus aujourd'hui ont été annulés à cause des conditions météorologiques mais tout reste possible dès que le temps le permettra.
Et la Cour Européenne des Droits de l'Homme a rejeté la demande de suspension de la mesure d'éloignement pour une seule famille à l'heure actuelle.
Nous restons indignés par cet acharnement, au mépris des droits de l'homme.