jeudi 31 janvier 2008

Reprise des contrôles d'identité ciblés devant des associations d'aide aux étrangers et demandeurs d'asile

Communiqué de presse CASAS et CIMADE
Depuis plus d'une semaine de nouveaux contrôles d'identité à répétition ont repris de manière renforcée aux abords immédiats de la maison Casalis, qui regroupe les associations CASAS et CIMADE, respectivement chargées de l'accompagnement administratif des demandeurs d'asile et de l'accueil des étrangers en situation irrégulière.


Leurs missions, qui incluent la domiciliation postale d'un certain nombre de personnes en grande difficulté, sont mises à mal par ces contrôles de police, dont les associations dénoncent le caractère ciblé.


Quelques illustrations récentes de ce durcissement :
Le 8 janvier, Rémy CAVALIN, stagiaire à CASAS, fait l'objet d'un contrôle d'identité ciblé aux abords du 13 Quai Saint Nicolas. Sans doute à cause de sa barbe et de son type méditerranéen.
Le 13 janvier, Mme N. de nationalité mauritanienne, se rend à CASAS pour le suivi de ses démarches. Alors qu'elle s'apprêtait à monter dans le tram (arrêt Porte de l'Hopital), se fait contrôler par trois policiers en civil. Paniquée, elle prend peur mais parvient à avertir une des permanentes de la CIMADE. Sur intervention de membres de CASAS et la CIMADE au milieu du carrefour, la voiture de police s'est arrêtée avec Mme N. à l'intérieur. Après quelques minutes de discussion, les policiers acceptent de la relâcher.
Le 15 janvier, Stéphane THIRION, permanent salarié à CASAS chargé d'accueil pour la période hivernale, également barbu, en compagnie de deux hommes tchétchènes, fait l'objet d'un contrôle d'identité entre l'arrêt de tram Porte de l'Hopital et la Maison CASALIS.
Le 21 janvier au matin, Stéphane THIRION, accompagne des demandeurs d'asile à la CTS afin de leur donner des abonnements de tram. Sur le chemin, à quelques pas de CASAS, la Police aux Frontières le contrôle ainsi que les personnes qui l'accompagnent.
Le 21 janvier au soir, la Police Nationale interrompt le cours de français qui se déroule dans la salle du rez-de-chaussée, et cite des noms à l'enseignante bénévole en demandant si elle les connaît. Elle oriente les policiers aux étages supérieurs de la maison, où sont situés CASAS et la CIMADE. Mais les policiers ne poursuivent pas leurs investigations jusque dans les étages.
Comment ces associations d'aide aux étrangers pourront-elles continuer à travailler dans ces conditions ? Mettre un agent de police devant la porte revient à interdire l'accès aux étrangers. Cette situation est insupportable.
Toujours dans l'optique de réussir à expulser 25000 personnes sur l'année, comme en 2007, la politique actuelle d'immigration en vient ainsi à augmenter le nombre de clandestins, les personnes craignant de prendre rendez-vous en vue faire des démarches pour régulariser leur situation. Fragilisées, elles pourront sans encombre être reconduites.
Atteindre à tout prix ces quotas revient à nier l'histoire personnelle de ces exilés, et éventuellement les persécutions qu'ils ont subis dans leur pays d'origine.


CASAS et CIMADE protestent contre cet état de faits et demandent que ces contrôles systématiques, qui viennent pièger les personnes dans l'un des seuls lieux où elles se sentent en relative sécurité, cessent, afin de pouvoir travailler dans des conditions normales avec leurs publics respectifs, comme ils sont d'ailleurs mandatés pour le faire.

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