Les associations Casas (*), la Cimade (**) avec le soutien du collectif RESF (***) se sont réunis, hier matin, devant les locaux de la maison Casalis pour dénoncer les fréquentes arrestations de demandeurs d’asile à quelques mètres de leurs locaux.Pour dénoncer les contrôles de police « inopinés » devant leurs locaux du quai St-Nicolas, les membres de Casas et de la Cimade ont pris l’identité de certains étrangers arrêtés. (Photo DNA - Jean-Christophe Dorn) Deux banderoles ont recouvert hier dès 9h la façade de la maison Georges-Casalis, 13 quai Saint-Nicolas à Strasbourg. Sur le tissu, les « noms d’adultes et d’enfants arrêtés durant les derniers mois » s’empilent. « Tous ont fui des persécutions dans leur pays d’origine ».
Le collectif RESF, Casas et la Cimade se sont rassemblés pour protester contre « la multiplication des contrôles de police » devant leurs locaux. « Environ 25 personnes ont été arrêtées devant chez nous depuis cet été, indique Alban Damery, permanent de Casas. Les trois quarts des arrestations ont eu lieu au cours des deux derniers mois ». Les deux associations soutenues par RESF déplorent « la politique de chiffres » menée par le gouvernement. « Il faut expulser 25 000 personnes et pour atteindre ce quota peu importe les moyens. Les contrôles s’accélèrent devant Casas, mais aussi devant les abris de nuit, les lieux d’aide alimentaire », s’inquiète Simone Fluhr, de Casas. Et les manifestants d’insister : « Des policiers en civil, en voiture banalisée, se postent quotidiennement à proximité de la maison Casalis et suivent les étrangers qui en sortent ». Ils rappellent que les personnes interpellées « sont toutes en cours de régularisation. On les renvoie sans leur permettre de faire valoir leurs droits. La France viole le principe de non refoulement ».
« On encourage la clandestinité »
« C’est comme si un pêcheur allait pêcher chez le poissonnier », fait remarquer Alain, membre du collectif RESF, qui fustige « l’emploi de moyens scandaleux et lâches ». Conséquence « de cette chasse à l’homme, les demandeurs d’asile se cachent. Ils n’osent plus venir chez nous. On traite de plus en plus de dossiers par internet » constate Françoise Poujoulet, déléguée régionale de la Cimade. « On ne peut plus travailler dans ces conditions, alerte Alban Damery. Les méthodes employées ne font qu’augmenter le nombre de clandestins. C’est totalement contre productif ». Pascale Adam-Guarino, directrice de Casas, souligne encore un autre paradoxe : « L’association est subventionnée par l’Etat », ce même Etat qui souhaite expulser 25 000 étrangers. Un stagiaire a ainsi été contrôlé alors qu’il accompagnait des personnes en situation de grande précarité pour renouveler leur titre de transport mensuel.
« Cette action était menée grâce au soutien financier de la DDASS du Bas-Rhin »
Hier vers 11h30, une fois les médias partis, des policiers ont effectué de nouveaux contrôles devant la maison Casalis, avec à la clé de nouvelles interpellations de demandeurs d’asile.
Cél. L.
(*) Collectif d’accueil pour les solliciteurs d’asile à Strasbourg. (**) Service oecuménique d’entraide. (***) Réseau éducation sans frontières.
DNA Édition du Sam 16 fév. 2008
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